Read the full report here: https://www.environicsinstitute.org/projects/project-details/confederation-of-tomorrow—2018

Background

For much of the late 20th century, Canadian politics was dominated by high-stakes attempts to remake or dismantle the country’s federation. First ministers met regularly for mega-constitutional deal-making, while successive Quebec and federal governments wrestled with iterations of pre- and post-referendum strategies. The 1990s alone witnessed a national referendum on the Constitution, a second and closely-contested referendum on Quebec independence, and two new regionally-based political parties – Reform and the Bloc Québécois – taking turns as Her Majesty’s Loyal Opposition.

In recent years, it has appeared that such storms have now finally passed. A new generation of Canadians has come of age with no direct memories of national unity crises. Regional party fragments have once again coalesced around the traditional left-centre-right national options. And as other countries wrestle with the rise of inward-looking nativism, Canada appears to offer hope as a successful example of multiculturalism and multinational federalism capable of reconciling unity and diversity.

In fact, Canada’s sesquicentennial in 2017 marked one of the only times the country has been able to celebrate a significant birthday in the absence of a serious national unity crisis. Canada’s 50th birthday fell in the midst of the First World War and a crisis over conscription that split the country between British and French. The country’s 75th birthday found it fighting another world war, with a second conscription crisis just over the horizon. The centennial, while full of optimism, coincided with the Quiet Revolution, and preceded the founding of the Parti Québécois by only one year. The country’s 125th birthday, in 1992, was almost forgotten in the run-up to the referendum on the Charlottetown Accord – with the dramatic electoral gains of the Bloc Québécois and the Reform Party, and the re-election of a Parti Québécois government soon to follow.

Even though such events have receded into the past, the current political agenda remains full of unresolved issues that can easily divide Canadians along the fault lines of region and identity. Controversies over transnational pipelines are pitting erstwhile regional allies against one another, while the country’s plan to meet international climate change obligations is at risk from several provinces challenging the wisdom of carbon pricing. As the resource-led boom in and around Alberta turned to bust, Albertans’ support, not only for environmental policies, but also for broader wealth-sharing arrangements within the federation have come into question.

Meanwhile, the Quebec government’s position paper on its “way of being Canadian” was launched in 2017 without sparking a serious reply from its partners in Confederation. This was followed by the province’s only avowedly federalist political party not only losing power but receiving its lowest ever share of the popular vote. Atlantic Canada, for its part, continues to search for ways to offset its declining demographic and economic clout. In the North, the three territories are implementing different forms of devolution of power, both from Ottawa to territorial governments, and from territorial government to forms of Indigenous self-government. And the lack of concrete actions to match verbal commitments toward reconciliation with Indigenous Peoples threatens to undermine the country’s harmony at home, as well as its reputation abroad.

In short, as Canada moves past its 150th birthday, once again new dimensions and challenges to the structure and governance of Canada are demanding greater attention. These issues are being considered by governments, think- tanks and universities, but it is also important to hear from the rest of Canadians, who have both a say and a stake in the outcomes. And it is important to hear what a new generation of citizens has to say, both about the unresolved challenges they have inherited and the emerging challenges they are called upon to confront.

Contexte

Pendant une bonne partie de la fin du XXe siècle, la politique canadienne a été marquée par des tentatives visant à réformer ou à démanteler la fédération du pays, tentatives dont les enjeux étaient déterminants. Les premiers ministres se sont rencontrés régulièrement pour conclure des ententes mégaconstitutionnelles, alors que les gouvernements du Québec et les gouvernements fédéraux successifs ont lutté au moyen de nouvelles stratégies pré- et post-référendaires. Les années 1990 à elles seules ont vu se tenir un référendum national sur la Constitution, puis un second référendum sur l’indépendance du Québec, dont les résultats ont été serrés, et émerger deux nouveaux partis politiques fédéraux constitués à l’échelle régionale — le Parti réformiste et le Bloc québécois — qui ont tour à tour formé l’Opposition officielle.

Les dernières années laissent croire que les tempêtes de ce genre sont enfin derrière nous. Une nouvelle génération de Canadiens, aujourd’hui de jeunes adultes, ne conservent aucun souvenir direct des crises de l’unité nationale. Ce qu’il restait des partis régionaux s’est réuni une fois de plus autour des options nationales traditionnelles de gauche, du centre et de droite. À une époque où d’autres pays doivent affronter la montée du nativisme tourné vers lui-même, le Canada semble offrir un espoir à titre d’exemple de réussite du multiculturalisme et du fédéralisme multinational capable de réconcilier l’unité et la diversité.

En fait, le 150e anniversaire du Canada en 2017 a marqué l’une des seules fois où le pays a pu célébrer un anniversaire important sans crise d’unité nationale grave. Le 50e anniversaire du Canada est tombé au milieu de la Première Guerre mondiale et d’une crise de la conscription qui a divisé le pays entre les Britanniques et les Français. Le 75e anniversaire du pays a eu lieu pendant une autre guerre mondiale, avec une deuxième crise de conscription qui se profilait à l’horizon. Le centenaire, bien que rempli d’optimisme, a coïncidé avec la Révolution tranquille et a précédé la création du Parti québécois d’un an seulement. Le 125e anniversaire du pays, en 1992, a presque été oublié dans la foulée du référendum sur l’Accord de Charlottetown — avec les gains électoraux spectaculaires du Bloc québécois et du Parti réformiste, puis la réélection d’un gouvernement du Parti québécois qui a suivi.

Même si de tels événements sont maintenant choses du passé, le programme politique actuel demeure rempli de problèmes non résolus qui pourraient facilement diviser les Canadiens sur les failles de la région et de l’identité.

Les controverses concernant les pipelines transnationaux opposent les alliés régionaux d’autrefois, alors que le respect des obligations internationales du pays relativement aux changements climatiques est maintenant en péril en raison des provinces qui remettent en question le bien-fondé du prix du carbone. Comme l’essor engendré par les ressources en Alberta et dans les régions avoisinantes est révolu, le soutien de la population de l’Alberta, non seulement envers les politiques environnementales, mais aussi envers des ententes de partage des richesses plus larges au sein de la fédération, se voit remis en question.

Pendant ce temps, l’exposé de principes du gouvernement du Québec sur sa « façon d’être Canadiens » a été lancé en 2017 sans provoquer de réponse sérieuse de la part de ses partenaires de la Confédération. Cet exposé a été suivi de la perte du pouvoir du seul parti politique fédéraliste avoué de la province, qui a obtenu sa plus faible proportion du vote populaire à vie. Les provinces de l’Atlantique continuent quant à elles de chercher des façons de contrer leur déclin démographique et leur faible pouvoir économique. Dans le Nord, les trois territoires mettent en œuvre différentes formes de délégation du pouvoir, à la fois d’Ottawa vers les gouvernements territoriaux, et des gouvernements territoriaux vers certaines formes de gouvernements autochtones autonomes. Et le manque de mesures concrètes pour traduire les engagements verbaux faits à l’égard de la réconciliation avec les peuples autochtones menace de miner l’harmonie du pays, et la réputation du Canada à l’étranger.